En 1938, alors que Léon Blum est au pouvoir en France, la bretonne Germaine Le Goff fonde et dirige au Sénégal la première école d’institutrices pour femmes de tout le continent. Ses élèves arrivent des quatre coins de la sous-région. L’institutrice, visionnaire, « missionnaire », laïque et républicaine, oeuvre pour la liberté de la femme en Afrique, avec un conseil récurrent à ses jeunes élèves : « soyez fières de vos racines, de votre culture, portez haut vos boubous, restez africaines ! » Va alors naître une nouvelle génération de femmes africaines dignes, conquérantes et féministes. Toutes ces élèves ont brillamment réussi au Sénégal ou dans leurs pays respectifs en devenant des directrices d’écoles et des institutrices, des intellectuelles, des écrivaines ou des ministres reconnues qui vont jouer un rôle déterminant au moment des indépendances. Ces femmes partageaient la même foi pour ce que Leopold Sedar Senghor appellera « la culture de l’Universel ».
Le documentaire raconte le destin d’une génération de féministes africaines toutes issues de la même école de Rufisque, dirigée entre 1938 et 1945 par Germaine Le Goff, une douarnesienne engagée.