Noyant d'Allier, un petit village du Bourbonnais, a accueilli à partir du milieu des années 50 des rapatriés d'Indochine. Cette arrivée massive a profondément changé l'histoire de cette commune rurale. Ces rapatriés racontent leur arrivée, leur vie à Noyant d’Allier, leur combat pour la reconnaissance de leur statut, leur double culture. Un pan complet de cette première décolonisation s'éclaire enfin.
21 juillet 1954 : fin de la guerre d'Indochine.
A 10 000 kilomètres de Saïgon, Noyant d'Allier, un petit village du Bourbonnais, ne connaît pas encore l'impact de cet événement sur son destin. Comment deviner que sa population va doubler en quelques années et qu'un changement sociologique profond transformera à jamais le village ?
En effet, la fin de cette guerre va sonner le début du rapatriement massif des français d'Indochine : environ 45 000 personnes rejoignent la métropole.
L'Etat gère tant bien que mal cette première décolonisation et les plus précaires de ces rapatriés sont logés dans l'urgence dans des camps d'accueil. Noyant d'Allier sera l'un d'eux.
Ici va naître une communauté indochinoise attachée à ses traditions, mais aussi tournée vers une intégration désirée.
Durant 70 ans, la lutte pour la reconnaissance de leur statut de rapatriés, souvent oubliés des lois de la République, va scander leurs vies.
Ce sont ces rapatriés, noyantais d'adoption, qui nous racontent leurs histoires, universelles et singulières. A travers les témoignages de Julien, Marie, Jany et tant d'autres, un pan complet de cette première décolonisation s'éclaire enfin.