Les prix de l’alimentation ont atteint des sommets et cette hausse spectaculaire a fait naître une nouvelle forme de délinquance : des réseaux ultra-spécialisés dans le vol de denrées alimentaires. Des gangs de voleurs professionnels ciblent désormais les entrepôts frigorifiques, le fret et les domaines agricoles. Ils réalisent des razzias spectaculaires. Qui sont ces nouveaux trafiquants ? Comment choisissent-ils leurs cibles et ou écoulent-ils leur marchandise ? Quant aux producteurs, commerçants et transporteurs : comment peuvent-ils se protéger contre cette nouvelle forme de délinquance ?
Dans une conserverie du Gers, à l’approche des fêtes, en quelques heures des malfrats ont vidé les stocks : une tonne de conserves. Dans le Lyonnais, un laboratoire de boucherie-charcuterie a été visité. Jambons de pays, pièces de bœuf, désormais tout y passe. Les propriétaires, qui n’avaient jamais subi de tels vols, découvrent la catastrophe au matin sans avoir rien vu ni entendu. Et ces équipes surprennent par leur professionnalisme. Souvent très organisées, elles chargent la marchandise dans deux ou trois camions en moins d'une demi-heure.
Tout aussi surprenant, les vols d'ampleur dans les exploitations agricoles. Cet été, une équipe de voleurs a frappé dans un champ de pommes de terre et d'oignons du Pas-de-Calais. Près de deux tonnes de patates ont disparu. Les gendarmes ont mené l’enquête et ont retrouvé les individus sur … les réseaux sociaux. Ils revendaient les pommes de terres sur Facebook et Le Bon Coin, à seulement 1 euro le kilo. Les deux mis en cause convoqués au tribunal l'an prochain encourent jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.
Dernier produit attisant la convoitise : le vin. Fin octobre, une équipe de voleurs cagoulés s'est acharnée sur la vitrine d'un commerce près de Toulouse. Une fois dans le magasin, avec deux chariots, ils ont dévalisé les rayons des vins et champagnes de luxe : un Château Petrus 2014 à 5700 euros ou du champagne Rothschild à plus de 1000 euros la bouteille. Le préjudice total pourrait s'élever à 100 000 euros.
Sur tout le territoire, nous suivons plusieurs groupes d’enquêteurs pour remonter la piste de ces nouveaux trafiquants.