Mai 1940 : 338 000 soldats alliés évacués de Dunkerque en neuf jours. 86 ans plus tard, archéologues et historiens français, britanniques et allemands enquêtent sur les épaves et les archives pour révéler les dessous de l’Opération Dynamo et déconstruire le mythe du « miracle de Dunkerque ».
Fin mai 1940, les Forces alliées se font surprendre par l’assaut nazi. Encerclées, l’armée anglaise et une partie des troupes françaises se replient à Dunkerque. Pour Winston Churchill à la tête du gouvernement britannique, il faut coûte que coûte sauver ces centaines de milliers de soldats pris au piège. Le nom de code ? L’Opération Dynamo. Une armada de 850 navires hétéroclites (navires de guerre, bateaux de pêcheurs, plaisanciers de particuliers, transporteurs, ferrys) est réquisitionnée en France, en Angleterre mais aussi en Belgique pour évacuer par la mer leurs forces prises en étau. Une course contre la montre. Pendant 9 jours et 9 nuits, ils font des allers-retours sous les bombardements allemands pour parcourir les 60 km qui séparent Dunkerque de Douvres. 85% des troupes soit 338 226 hommes dont 123 000 soldats français et belges arrivent sains et saufs en Angleterre. Il s’agit de la plus grande opération de rembarquement de toute l’histoire militaire. Mais le bilan est lourd : 250 bateaux sont coulés emportant avec eux la vie de plus de 7000 militaires et civils, tandis que 34 000 soldats français sont faits prisonniers le 4 juin 1940.
A peine terminée, l’opération Dynamo est instrumentalisée par la propagande dans les deux camps : glorifiée par les Anglais, l’opération est utilisée par Hitler et le régime de Vichy pour exacerber l’anglophobie. Plus récemment, elle a été invoquée lors des débats sur le Brexit pour prouver que les Anglais pouvaient se passer de l’Union Européenne.
Tous ces mythes diffusés dans des livres et des films à grand spectacle ont contribué à minimiser le rôle de l’armée française et les erreurs de l’armée allemande dans le “Miracle de Dunkerque”. 85 ans plus tard, historiens et archéologues rétablissent la véritable histoire de l’opération Dynamo et notamment le rôle de l’armée française qui en tenant le siège pendant 9 jours a favorisé le succès de cette évacuation.
Dans la baie de Dunkerque, une mission archéologique va se dérouler. Les archéologues et plongeurs du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) en collaboration avec Historic England vont se lancer sur les traces des bateaux légendaires coulés et de leurs équipages.
En parallèle, les historiens français, anglais et allemands vont retourner dans les archives et sur les lieux des faits pour mieux comprendre le partage des rôles entre les armées britanniques, françaises et allemandes dans le succès de l’évacuation. Des fonds marins aux archives militaires, des Hauts de France, de la ville de Dunkerque, du Musée Dunkerque 1940, des archives départementales, de l’INA Nord, en passant par le QG de l’armée anglaise dans les souterrains du château de Douvres qui a donné son nom à l’opération, aux archives de l’Imperial War Museum, ils retracent l’histoire des navires et des hommes, des habitants de Dunkerque qui ont vécu ou participé à l’évacuation de la ville au péril de leur vie.
Construit comme un thriller haletant, suivant le compte à rebours des 9 jours et 9 nuits de l’évacuation des troupes alliées, ce documentaire ambitieux retrace la plus grande opération de rembarquement de l’histoire militaire. Mêlant images d’archives, expédition en mer et reconstitutions en 3D, ce film révèle les zones d’ombre de la plus victorieuse des défaites de la Seconde Guerre mondiale, une opération maritime spectaculaire et controversée qui, selon les historiens, aurait préfiguré le Débarquement.